Quelques articles sur Hambali.

Hambali dément le projet d'attentat contre le sommet de l'APEC

(Le monde, 22 / 08 / 03)

Hambali, cerveau du réseau terroriste Jamaah Islamiyah (JI), arrêté la semaine dernière en Thaïlande, a démenti des informations selon lesquelles il envisageait un attentat contre le sommet des pays de l'Asie-Pacifique (APEC), a rapporté, jeudi 21 août, le journal The Australian. Le président américain George Bush doit participer à ce sommet, prévu du 20 au 21 octobre à Bangkok.

 

Hambali, chef présumé du réseau islamiste asiatique JI, est aux mains des Américains

 (le Monde, 16 / 08 / 03)

Il pourrait avoir été transféré en Afghanistan.

Djakarta de notre envoyé spécial

"Un gros poisson", selon Hassan Wiraduya, ministre indonésien des affaires étrangères. "Le soulagement et le plaisir devraient être universels", a jugé, de son côté, le premier ministre australien, John Howard. Arrêté en Thaïlande, le 11 août, et tenu pour responsable de la mort de centaines d'innocents, Hambali, l'homme le plus recherché d'Asie du Sud-Est, est entre les mains des Américains, qui l'interrogent, depuis mercredi, dans un lieu tenu secret, peut-être l'une de leurs bases en Afghanistan.

Les Etats-Unis et leurs alliés régionaux pensent que cet Indonésien peut être, pour eux, une mine de renseignements. Il serait le seul membre non arabe du comité militaire d'Al-Qaida. Hambali pourrait être impliqué dans le recrutement de pilotes d'avion en vue d'une opération similaire à celle du 11 septembre 2001. Jugé proche d'Oussama Ben Laden, il est censé en savoir long sur la direction d'Al-Qaida.

Hambali est également présenté comme le principal lien entre cette organisation et la Jemaah Islamiyah (JI), réseau terroriste régional dont il a été le chef opérationnel. C'est par son intermédiaire qu'auraient transité les fonds nécessaires à des attentats perpétrés à Bali, en 2002, et à Djakarta, début août. Il définissait la stratégie de la JI et donnait le feu vert aux opérations d'un réseau doté de cellules de kamikazes.

Il était donc l'homme de l'ombre alors que le vieux prédicateur indonésien Abou Bakar Baachir, qui continue de démentir jusqu'à l'existence de la JI, occupait le devant de la scène. Cela n'a pas empêché l'arrestation d'Abou Bakar Baachir, sa traduction en justice et une requête de quinze ans de prison sur laquelle un tribunal de Djakarta doit bientôt se prononcer.

Ce scénario fait, toutefois, peu de cas des difficultés rencontrées depuis plus d'un an par Hambali. Il était devenu un fugitif doté d'un faux passeport espagnol. Il aurait gagné le centre de la Thaïlande en passant par la Birmanie et le Laos ; aurait rasé sa barbe et subi une opération de chirurgie plastique pour mieux passer inaperçu.

Contrairement à ce qui a été indiqué au départ, la police thaïlandaise n'aurait trouvé ni explosifs ni armes dans le studio qu'il occupait depuis deux semaines lorsqu'il a été repéré par des agents américains et thaïlandais. On n'en sait donc pas davantage sur un éventuel projet d'attentats qui devaient coïncider avec la réunion d'un sommet Asie-Pacifique à Bangkok. Traqué depuis de longs mois par les polices de la région, Hambali était-il encore chargé des opérations de la JI ? D'autre part, l'unanimité concernant les responsabilités de la JI tend à occulter la complexité de la situation. La JI est mal connue mais on sait qu'elle est divisée entre les partisans de la manière forte, actuellement dominants, et d'autres qui misent davantage sur l'endoctrinement poursuivi ces trois dernières décennies, notamment dans des écoles coraniques.

Les facteurs locaux sont sous-estimés. En Indonésie, les islamistes - c'est le cas d'Abou Bakar Baachir - ont été sévèrement réprimés dans les années 1970 et 1980, du temps du général Suharto. Aux Philippines, les insurrections musulmanes se sont nourries, depuis la même époque, du piètre sort réservé à la minorité islamisée. La JI s'est formée beaucoup plus tard et les liens tissés avec des membres du Front moro islamique de libération (FMIL) - principale insurrection à Mindanao - ne signifient pas que ce mouvement armé soit passé sous la coupe de la JI.

Des oulémas indonésiens tolérants et influents, tels l'ancien président Abdurrahman Wahid ou Nurcholish Madjid, s'inquiètent de voir le terme Jemaah Islamiyah, qui signifie "communauté islamique", évoqué hors de propos. "Nous rejetons la tendance à lier le terrorisme à l'islam. C'est un effort en vue de détruire l'islam", dit, plus directement, Hasyim Muzadi, actuel leader du Nadhlatul Ulama, association modérée d'oulémas qui compte des millions de membres.

Quoi qu'il en soit, la chasse aux terroristes se poursuit avec, désormais, pour principale cible le Malaisien Azahari Husin, ancien universitaire et qui aurait été l'artificier de l'attentat de Bali. Agé de 46 ans, il aurait dirigé une école coranique en Malaisie, récemment fermée, et se serait entraîné au maniement des explosifs dans le sud des Philippines, en 1999, avant de séjourner en Afghanistan. Il est en fuite depuis fin 2001.

Jean-Claude Pomonti

Le terroriste présumé Hambali aurait préparé un attentat en Thaïlande

( le Monde 16 / 08 / 03)

Selon le premier ministre thaïlandais, il visait le Forum de coopération économique Asie-Pacifique, prévu les 20 et 21 octobre, en présence du président américain George W. Bush.

Le chef terroriste Hambali, arrêté en Thaïlande, préparait un attentat contre un sommet qui devait rassembler en octobre, à Bangkok, le président américain George W. Bush et une vingtaine de chefs d'Etat, a annoncé, samedi 16 août, le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra. "Il (Hambali) n'était pas simplement en transit en Thaïlande. Il est venu ici pour préparer une attaque terroriste. L'enquête a permis de découvrir la préparation d'une attaque contre le sommet de l'Apec", a déclaré M. Thaksin à la presse. Le sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) est prévu du 20 au 21 octobre à Bangkok.

Hambali, considéré comme le cerveau de la Jemaah Islamiya (JI), un groupe terroriste lié à Al Qaida, a été arrêté, lundi, à Ayuthaya (centre de la Thaïlande), et sa capture a été révélée jeudi par les Etats-Unis. Il est détenu par les services américains dans un endroit secret. M. Thaksin a déclaré que Hambali était interrogé par les services de plusieurs "pays alliés", dont la Thaïlande. "Nous l'interrrogeons à tour de rôle et nous échangeons également des informations", a-t-il dit.

Hambali avait reçu des virement d'argent en Thaïlande afin de préparer l'attentat prévu contre de sommet de l'Apec, a affirmé le premier ministre, indiquant que les services thaïlandais avaient "interpellé deux ou trois suspects avant de parvenir à arrêter Hambali".

Il n'a pas fourni plus de détails, mais selon le quotidien de langue anglaise the Nation, citant des sources du renseignement thaïlandais, un haut responsable de la JI, de nationalité malaisienne et nommé Zubair, avait été arrêté dans le sud de la Thaïlande fin juillet et aurait permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à Hambali. En juin dernier, les autorités thaïlandaises avaient déjà affirmé que plusieurs suspects interpellés et membres présumés de la JI avaient avoué préparer des attentats contre des ambassades occidentales à Bangkok et des sites touristiques en Thaïlande lors du sommet de l'Apec.

La JI, réseau terroriste régional, est accusée d'être responsable d'une série d'attentats, notamment celui qui avait fait 202 morts le 12 octobre 2002 à Bali, et celui contre l'hôtel américain Marriott de Jakarta, où 12 personnes, dont un kamikaze présumé, ont été tuées le 5 août.

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