Le "kabaddi" et le "sepak takraw" veulent conquérir la planète

                                ( Libération 11 / 02)

 

Très populaires en Asie, ces deux sports rêvent d'entrer aux Jeux olympiques.

Pusan (Corée du Sud)

BALLE EN ROTIN

Changement de décor : dans le gymnase de l'université de Dongseo à Pusan, trois Thaïlandais affrontent les Birmans au sepak takraw : comme au volley-ball, la balle ne doit pas rester plus de trois passes dans un seul camp, mais un joueur a la possibilité de se passer la balle à lui-même. Le sepak takraw se joue avec toutes les parties du corps sauf les mains : on réceptionne la balle avec la tête, la poitrine, et surtout les pieds, qui servent à des smashes spectaculaires au-dessus du filet (à 1,52 m du sol), le joueur envoyant une jambe en l'air, se retrouvant quelque fois les mains au sol avant de retomber sur le pieds qui a smashé. Très dure, la balle est en rotin, ou en fibres synthétiques. Le sepak takraw demande une grande agilité et se joue selon deux formations différentes, en cercle et en équipe (en regu). Dominé par la Thaïlande, qui rafle la plupart des médailles d'or, il est joué partout en Asie du Sud-Est, dans les cours d'école et les terrains vagues avec des filets improvisés. Son ancêtre, le sepak raga, était connu en Malaisie dès le XVe siècle. Le sepak takraw a adopté les règles actuelles depuis 1965 seulement. Sepak signifie "shooter" en malais, et takraw "balle" en thaï. Ce jeu de pieds a eu des cousins en Asie du Nord-Est, tels le kemari du Japon ancien, qui se jouait en cercle. De plus en plus connu dans le monde, le sepak takraw compte bien faire son entrée sur la scène olympique à Pékin en 2008 : "Nous avons pour l'instant 35 pays dans la fédération, il en faut 75 sur tous les continents pour être un sport olympique. Nous y travaillons très sérieusement, mais il faut que les pays d'Asie du Sud-Est acceptent de revoir les règles : la balle est trop dure, et les règles du jeu en cercle, où le style compte, sont trop compliquées pour attirer de nouveaux adeptes", explique le Singapourien Abdul Halim Bin Kader, secrétaire général de la Fédération internationale de sepak takraw. "Les Japonais et les Coréens sont en train de devenir très bons. L'Asie du Sud-Est doit se rendre compte que plus les pays sont nombreux à jouer, plus la concurrence s'intensifie. Quand la France et l'Allemagne s'y mettront, ça sera encore plus dur", prévient-il. La Fédération singapourienne a reçu la mission de promouvoir davantage le jeu en France et en Allemagne, qui font déjà partie de la Fédération internationale de sepak takraw.

Brice Pedroletti

 

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